Une année en MS hors REP – janv/fev

Objectif 5

Les enfants ont approfondi leur compréhension, en sept-oct, de 2 histoires fondées sur j’aime / j’aime pas et en nov-déc sur la question de nourritures difficiles à obtenir.
Ils vont maintenant essayer de comprendre l’orgueil et la flatterie. C’est difficile.
L’histoire de Roule galette (Natha Caputo, Père Castor Flammarion) semble simple à tous les adultes et une vieille tradition d’école maternelle est de lire le livre au moment de la galette des rois. Je vais proposer quelque chose de très différent.
Le but est ici de faire découvrir aux enfants que non seulement il faut rester modeste dans la vie, sans être excessivement en retrait, mais qu’en plus, il vaut mieux se méfier des personnes qui essaient de profiter de vous. Bien sûr, on n’ira pas loin dans cette question. Mais elle est néanmoins intéressante parce que le personnage clé de l’aventure est un objet et non un animal ou un enfant comme dans toutes les autres histoires. Et on peut donc prendre son point de vue, sans risque…
LE PERSONNAGE de Roule-galette est LA GALETTE.
Comment le sait-on? elle a toutes les caractéristiques des personnes: dans l’ordre de la narration, elle s’ennuie, elle descend de la fenêtre, elle roule, elle parle et elle chante! Mais aussi hélas, elle va « faire sa fière ». Comme nous…

Dans le texte, pour comprendre le destin de Galette, il faut être attentif, d’une part à ce qu’elle dit en chantant (elle nargue), d’autre part au langage des animaux qu’elle rencontre. Le lapin, le loup et l’ours (l’ordre n’est pas pertinent dans l’histoire, inutile de le demander aux enfants) lui disent tous « je vais te manger!« . Et elle répond par sa chanson. Alors que le « malin renard » lui dit « comme tu es ronde, comme tu es blonde! » puis il feindra d’être sourd pour qu’elle s’approche.
Il faudra donc essayer d’attirer l’attention des enfants sur ces détails qui n’en sont pas.

Il me semble qu’on peut commencer par lire directement l’introduction à l’histoire pour l’expliquer: « dans une petite maison… Et la vieille pose la galette sur la fenêtre ».
Ici l’explication est de type factuelle, mais il faut qu’elle soit claire.

Après avoir éclairci cette introduction, il est bon de commencer par raconter l’histoire, oralement, et en montrant le livre. Parce que les illustrations et le graphisme du texte sont des aides à la compréhension.
Il suffit de montrer une page (face aux enfants), de raconter en interrompant le récit par des remarques du type « regardez là, y’a des petits traits autour de la galette parce qu’elle roule sur le chemin, elle veut pas se faire rattraper » (image de gauche ci-dessous) et « là, regardez, il y a des petites étoiles autour de la galette parce qu’elle montre qu’elle est belle, et le lapin s’approche pour écouter sa chanson » (image de droite ci-dessous).

Il faut également faire apprendre la chanson par coeur, en lui donnant un air de refrain. Puis il faut l’expliquer: quand elle chante, la galette dit .… Et ce qu’elle dit est le récit de sa propre aventure.

On peut évidemment à partir de là jouer en motricité avec 2 groupes d’enfants, des galettes coquines et des animaux. Au signal on s’arrête et les galettes chantent. C’est juste un moyen mnémotechnique pour intérioriser la narration.

Enfin, en petits groupes, on pourra annoncer qu’on va lire cette histoire.
Dernière remarque: ce scénario d’enseignement est à mener en dehors de la fête de vrai galette et de découverte des rois et reines. C’est complètement autre chose et les enfants risquent de tout mélanger parce qu’il s’agit de galette.
Ainsi, dans une classe, après avoir entendu « Ham! le renard l’avait mangée« , un enfant demande « il a eu la fève?« .

Objectif 6

Le premier message de cette période fait suite au travail précédent sur le dessin du bonhomme. En regroupement, M propose aux enfants de récolter des bonshommes dessinés par les parents (ou des frères ou soeurs).
Et elle écrit devant eux: « pouvez-vous dessiner un bonhomme s’il vous plaît? on va faire une collection, c’est rigolo. Merci ».
Et c’est vrai que ça a été drôle, évidemment parce que M avait pris soin de préciser qu’il ne s’agissait pas de dextérité du dessin.

Le second message s’inscrit dans la sortie – prêt à la bibliothèque municipale. M a une liste de parents pouvant se libérer et elle annonce:
« j’ai choisi 7 papas ou mamans qui ne sont pas encore sortis avec nous et on va leur écrire. Alors il y aura 7 enfants qui signeront la lettre« .
Elle écrit en parlant face aux enfants, la classe part à la photocopieuse (il faut apprendre ce qu’est cette machine) et voici les signatures:

Objectif 7

Les textes dictés sur cette période sont tous des poésies sues par coeur par les enfants. Manuscrits, ils sont photocopiés et les enfants les collent dans leur cahier de poésie, puis les illustrent.
Les dessins sont toujours les derniers éléments qui serviront de repères aux enfants. Car ils vont « lire » ces cahiers à leurs parents le jour où ils sont invités à l’école, durant ces mois de janvier-février.

Objectif 8

Pendant cette période de milieu d’année, M va faire sa première commande d’écriture, « comme ils savent, comme ils peuvent », en n’essayant surtout pas d’avoir des résultats « bien orthographiés ». C’est parce que les enfants ont eu maintes occasions de voir-entendre l’adulte parler-écrire qu’on peut leur demander de se débrouiller pour essayer d’écrire eux-aussi. C’est une sorte d’évaluation pour voir où en est chaque enfant.
Rappelons que l’utilisation du principe alphabétique, même a minima, est attendu en fin de GS. On a le temps. Ce qui n’empêche pas de regarder comment les enfants « inventent » des solutions.
La maîtresse de cette classe va utiliser les petits cahiers dont j’ai déjà parlé: ils contiennent 3 étapes d’écritures chaque année de maternelle, pendant 3 ans. Ce n’est pas une condition d’avoir ces cahiers pour faire des commandes d’écriture. Mais ici, les enfants savent que c’est leur cahier.
Pour ce premier essai de MS, M appelle les enfants un par un afin de bien regarder – écouter ce qu’ils vont faire. Et elle leur adresse 3 commandes successives:
1- tu peux essayer d’écrire maman?
2- maintenant tu écris ce que tu veux, c’est toi qui choisis
3- et ici, tu écris ton prénom, comme tu veux.

Je choisis ces 2 enfants pour montrer que c’est Hakim qui produit des tracés très proches de l’écriture orthographiée des adultes MAIS montre aussi qu’il n’utilise pas du tout le sonore des mots. Il dit maman c’est des trucs comme ça (« ponts » attachés) qu’il a retenue visuellement. Pour la commande 2, il choisit d’écrire encore maman parce qu’il n’a pas d’autre possibilité. Et pour son prénom, il l’écrit en capitales puis va chercher son étiquette pour copier la cursive « à la vue ».
Arthur va utiliser l’aspect sonore des lettres en décidant d’écrire Babette, le prénom de sa maman. Il bruite le début et dit qu’il faut un B, trace, puis écrit le A et dit qu’il faut encore un B. Il est donc sur le chemin du sonore.

Graphisme

Pour suivre le feuilleton :

en septembre/octobre, cliquez ici
en novembre/décembre, cliquez ici
en janvier/février, cliquez ici
en mars/avril, cliquez ici
en mai/juin, cliquez ici