Objectif 5
Les enfants ont maintenant l’habitude de chercher ce qui motive les personnages de ces histoires qu’ils aiment. Ils vont pouvoir réfléchir à une résolution de problème entièrement dédiée à des savoirs et de la réflexion.
L’ogre, le loup, la petite fille et le gâteau, Philippe Corentin, l’école des loisirs.
Cette histoire est une variante de l’enigme du passeur, du loup, de la chèvre et du chou. Le passeur n’ayant qu’une place dans sa barque, avec lui, il ne peut pas laisser seuls loup et chèvre, ni chèvre et chou.
Ici, le passeur est un ogre. Il est très important de commencer par redire aux enfants ce qu’est un ogre, car même ceux qui vont dire « moi je sais » ne le savent pas vraiment. L’ogre est un personnage qui n’existe QUE dans les histoires et QUE dans les histoires pour les enfants. Il a été inventé parce que les enfants aiment bien avoir un petit peur et l’ogre est un monsieur fort et et souvent effrayant qui mange les enfants. Heureusement, c’est seulement dans les histoires! comme les sorcières, comme les loups qui mangent les enfants. Cette mise au point permet d’entrer dans l’histoire.

Cadre de l’histoire
En montrant la couverture, l’enseignant peut montrer l’ogre: il a un gros nez, un casque parce que ça se passe dans un pays chaud, il a une gourde d’eau pour pas mourir de soif et il tient un fusil parce qu’il revient de la chasse. Il faut ensuite dire aux enfants que l’ogre revient de la chasse avec 3 personnes: un loup, une petite fille et un gâteau. Oui, dans l’histoire, ce sont des personnes qui parlent et qui ressentent des choses comme les personnes.
Problème de l’ogre
Toujours à l’oral et en regroupement, M va préciser le problème de l’ogre.

En tournant la page, on a une vue à 180 degrés du lieu qui permet de comprendre le problème. Mieux vaut le montrer aux enfants pour le leur commenter:
« Voilà où arrive l’ogre. Il va arriver là (montrer le bord gauche avec la crique et une barque). Le problème de l’ogre est qu’il veut aller chez lui, et chez lui, c’est là (montrer le château à droite). Alors il doit monter dans la barque et ramer pour aller de l’autre côté du fleuve. Mais il y a un autre problème…. ».
Une fois expliquée cette question incroyable, M peut montrer la demi-page qui se tourne et lire le titre en suivant du doigt (parce que c’est un titre long qui mérite une durée de lecture).

Compréhension du texte écrit
A partir de là, encore en regroupement (pour que tous les enfants aient les mêmes repères), M va dire qu’il faut lire et essayer de comprendre cette grande histoire très compliquée.
Chaque double page est lue et expliquée.
Il y a 2 zones de travail à mener:
– les savoirs sur qui mange qui et les explications sont directement ou indirectement dans le texte (exemple: « ça, c’est bon, la petite fille« et il faut montrer et dire que c’est le loup qui parle),
– la compréhension de la direction des différentes traversées pour éviter un drame (exemple: « Allez hop! Demi-tour! » à bien expliquer).
C’est pourquoi la suite du travail se déroulera dans le préau pour mimer les scènes…
avant de revenir au livre, cette fois-ci en petits groupes pour savoir ce que chaque enfant a pris – compris de cette histoire.
Au vu de tout ça, je trouve que ce livre est plus adapté à une GS qu’à une MS. Comme souvent les histoires de Philippe Corentin. Des enfants de CP seraient heureux de pouvoir le lire aussi.
Objectif 6
Un beau travail d’écriture « adressée » qui a passionné les enfants
M annonce un jeu qui va nous faire tous travailler:
Chaque enfant va choisir un des livres qu’on a beaucoup travaillé et il faudra qu’il trouve un conseil à donner au personnage de l’histoire qui a eu un problème. Quand vous aurez trouvé le conseil vous venez me le dire à l’oreille et je l’écris dans un cahier pour garder tout ce que vous avez trouvé!! Quand tout le monde sera passé je vous lirai tout et ça vous fera rire.
Alors, je redis ce qui est le plus important: il faut donner un conseil écrit au personnage qui a eu un problème pour qu’il n’ait plus de problème.
Par exemple, moi, si je donnais un conseil à Boucle d’Or, je lui écrirais Ne va pas dans la forêt toute seule.
Ainsi, quand ils le veulent, les enfants prennent un des 11 livres très travaillés cette année et viennent dicter un message à M. Voici des résultats.
Bon appétit Monsieur lapin –> tu devrais manger des épinards, c’est bon les carottes, les lapins mangent des souris, heureusement que tu as retrouvé tes oreilles
Je mangerais bien une souris –> fais attention les souris mangent les chats, n’essaie pas de manger un cheval, un cheval c’est trop gros, c’est très bon les boites pour les chats
Porculus –> fais ta valise Porculus tu pars en voyage, est-ce que tu voudrais aller à Paris?, profite bien de la boue si douce, reste à la ferme avec la fermière
Je t’ai vu! –> je dis au garçon « fais attention au renard », ta mamie est gentille, c’est bien d’aimer les animaux, c’est l’écureuil le plus malin
Objectif 7
Pour la fête des mères, M a expliqué aux enfants que le cadeau pour les mamans serait une poésie qu’ils pourraient DIRE mais aussi LIRE. C’est la fête! Car, très important, il ne faut pas le dire avant le jour de fête des mères (repère sur le calendrier). La notion de secret est encore fragile à cet âge.
M part de l’album « Devine combien je t’aime ». Elle raconte, montre, lit. M demande aux enfants s’ils veulent apprendre les « formules » présentes dans le texte. Mais c’est trop long pour l’apprendre, aussi se mettent-ils à discuter de ce qu’ils gardent.
Paul: i faut garder « fort comme un trésor » parce que ça rime, Alice: i faut garder « de tout mon coeur » parce que ça fait beaucoup beaucoup, etc.
Ils apprennent le texte chaque jour seulement à l’oral.
Maman je t’aime,
Fort comme un trésor,
Grand comme l’univers,
Loin comme l’infini,
Chaud comme le soleil,
Je t’aime de tout mon coeur.
Quand tout le monde le sait bien, ils le dictent, par groupe, à M qui l’écrit en grand face aux enfants. Elle fait les remarques textuelles et orthographiques qui vont aider les enfants à repérer la correspondance de l’oral et du texte écrit.
Exemples: utiliser la disposition des bloc de texte avec l’intonation, utiliser la majuscule des lignes dont ils apprennent le son correspondant (Fort comme Fourmi, Grand comme Guillaume…).
Ils partent à la photocopieuse pour avoir un exemplaire, le collent dans le cahier de poésies et chansons, puis s’entrainent à le lire avec suivi du doigt.
En atelier, M demande aux enfants s’ils peuvent trouver où est écrit « maman », où est écrit « coeur », et plus difficile où est écrit « soleil ». Les enfants sont très fiers.
Ils illustrent leur texte.
Grand jour! le retour après le dimanche fête des mères.
Les récits sont magnifiques.
Exemple:
Julien – moi je lui ai donné dimanche le cadeau, je l’avais caché sous mon lit, quand elle s’est réveillée j’ai dit cherche maman et j’ai fait c’est chaud c’est froid, et elle a trouvé
Pablo – j’ai donné dimanche matin, maman elle a lu tout fort et j’ai dit que je pouvais lire aussi, elle a dit c’est beau, je crois qu’elle était contente
Laurence – j’ai donné avant dimanche, j’ai ouvert le cahier, elle a regardé les dessins, elle a dit c’est beau, et je l’ai lu et elle a dit oh lala, et elle l’a rangé dans le cagibi
Laura – j’ai donné dimanche matin, j’ai dit Bonne fête maman et j’ai récité la poésie, et j’ai dit c’est nous qu’on l’a fait, elle était contente elle m’a fait un bisou
Remarque: on voit que la « lecture » n’est pas ce qui a le plus marqué les enfants. C’est normal, ils sont jeunes. On verra la différence l’an prochain.
Objectif 8
Pendant cette fin d’année, M a fait chaque jour, durant le regroupement, un jeu visant la découverte du principe alphabétique (P.A.).
Exemples:
Ecriture magistrale au tableau face aux enfants
M – aujourd’hui je vais choisir le prénom d’un enfant de la classe et je vais l’écrire en faisant le bruit de ce qu’on entend. Après chaque bruit transcrit je m’arrêterai et regarderai si quelqu’un lève la main. Le premier qui trouve quel prénom je voulais écrire a gagné.
Je commence. Ca y est il est dans ma tête.
[l::::] , écrit L et se retourne
enfant 1 – Laurice
enfant 2 – Lili comme ma soeur
enfant 3 – Laura
M – oh je suis contente, tous ces prénoms commencent par L. Mais est-ce que ça suffit ce que j’ai écrit?
Tous – non
M – « alors je continue. [l:: o], [lo], écrit Lau et se retourne«
etc
Avec ce jeu, un prénom par jour suffit et on peut rapidement passer à un prénom « d’un enfant que je connais dans une autre école et que vous pouvez trouver« .
Par exemple, comme dans cette classe, il y a Laura et Laurice, M va choisir Laurine comme nouveau prénom. Les enfants ne trouveront pas. Sauf au moment où elle va dire « vous avez trouvé le début, c’est [lor] et à la fin, ça finit comme ce prénom (prend et montre l’étiquette de Valentine).
Commande d’écriture d’un « morceau » de son propre prénom
M a établi, chez elle, une liste de commandes possibles et choisit chaque jour en fonction des enfants qu’elle veut aider à la découverte du P.A.
M – aujourd’hui on va regarder travailler Alexandre. Ecoute bien, je voudrais que tu essaies d’écrire devant les copains, le prénom d’un enfant que je connais dans une autre école, qui s’appelle Alex. Réfléchis et écris. C’est pas grave du tout si tu sais pas.
Cette situation est très très intéressante pour M comme pour les enfants. Elle permet de voir si le P.A., concept totalement abstrait, est mobilisé, même à minima, dans cette situation-problème qui demande le passage d’un bloc sonore à un bloc écrit, avec une connaissance parfaite de cette correspondance sonore-écrit dans leur propre prénom. C’est donc leur réflexion, leur vocalisation (ou subvocalisation) et la recherche du « morceau » adéquat de leur prénom qui peut les mettre sur la voie.
M commence par demander l’essai d’écriture Alex pour Alexandre parce que c’est ce qu’il y a de plus simple: c’est le début du prénom écrit tout simplement.
M continuera avec Léo demandé à Léopold, et Vic demandé à Victoria.
Elle peut continuer avec des commandes assez simples en redoublant des syllabes: Vava est demandé à Valentine, Nono est demandé à Noah, Sasa est demandé à Salomé…
Enfin, selon les acquis des enfants, et notamment en GS, M pourra passer à des commandes plus sophistiquées: Martine demandé à toute la classe parce que celle-ci compte une Valentine, et une Margaux, ou encore Junéa parce que les enfants connaissent Jules, Julia et Enéa. Plusieurs séances seront nécessaires avant que M fasse la démonstration devant le groupe-classe. Il faut en effet être prudent et ne pas demander l’impossible aux enfants, les séances doivent être courtes. Et je rappelle que le but n’est pas de trouver LA bonne réponse mais d’ESSAYER de mobiliser sa connaissance du P.A. appliqué à un prénom. Par exemple, quand Jade va dire « c’est moi » et écrira son prénom alors que M a demandé Jami. C’est M qui dira « je crois que c’est très très bien ce que qu’a fait Jade: elle a ENTENDU ja dans ce que j’ai demandé et elle sait écrire ja dans son prénom. Bravo Jade! Mainteant je vais vous montrer comment j’écris la fin du prénom Jami »…
Bilan fin d’année, commande « cocorico«
Sur les 26 enfants restants (il y a eu des déménagements)
– 6 n’encodent rien de ce qu’ils entendent dans « cocorico »,
– 20 ont passé le mur du son, ils encodent « cocorico » (histoire construite sur le même principe que d’autres que j’ai mises en ligne, mot-clé en GS), le plus souvent avec les voyelles, parfois 2, 3 ou 4.
C’est magnifique pour une fin de MS.
On voit ici que Hakim et Côme n’ont pas découvert le P.A.: ils tracent des lettres quelconques ou des pseudo-lettres. Il leur faut encore assister à des expériences d’encodage.
Solveig et Hannah ont découvert le P.A.: les 4 syllabes et certains ou toutes les voyelles qu’on entend dans « cocorico » sont encodées. Bravo!!




D’autre part, tous les enfants écrivent leur prénom en cursive, avec parfois de grandes approximations. Ce n’est pas un problème, ils ont encore une année en GS pour s’entraîner.
FIN DE CE FEUILLETON EN MS
Pour suivre le feuilleton :
en septembre/octobre, cliquez ici
en novembre/décembre, cliquez ici
en janvier/février, cliquez ici
en mars/avril, cliquez ici
en mai/juin, cliquez ici
O